Urbanization

Safe cities index : politique de sécurité urbaine et qualité de vie

Quels sont les critères d’une ville sûre ? Le Safe Cities Index 2015 de l’Economist Intelligence Unit (EIU) a évalué la sécurité numérique, des infrastructures, sanitaire et des personnes dans cinquante villes du monde.

Avec des résultats surprenants à la clé. Ainsi le classement de Tokyo à la première place semble indiquer que la taille importe peu en matière de sécurité. URBAN HUB décortique les résultats et explique en quoi ce classement de la capitale japonaise constitue une source d’espoir pour un avenir urbain sûr.

Urbanization
Nos villes, notre avenir - La mégapole nait avec le 21e siècle. Cette tendance à l’urbanisation, qui ne montre aucun signe de faiblesse, est sur le point de modifier en profondeur nos modes de vie et notre manière de travailler et d’interagir au sein de nos communautés.
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Fait le 07/04/2016

Trouver les villes les plus sûres du monde

L’Economist Intelligence Unit (EIU) s’intéresse depuis longtemps aux villes mondiales et produit régulièrement des rapports et classements portant notamment sur la qualité (Global Liveability Ranking) et les coûts de la vie (Worldwide Cost of Living Survey). Il propose également un index annuel, l’EIU Safe Cities Index, qui donne un aperçu du niveau de sécurité dans 50 villes dans le monde.

Le but du Safe Cities Index est d’examiner et évaluer, sur la base de 40 indicateurs qualitatifs et quantitatifs (des décisions politiques aux accidents de la route), la sécurité sanitaire, numérique, personnelle et des infrastructures dans chacune des villes concernées. La diversité de ces indicateurs traduit la complexité liée à la création (et la conservation) d’espaces urbains sûrs à l’ère numérique.

Cet indice répond à une question simple : les villes peuvent-elles croître indéfiniment et rester sûres ? En 2015, il classait la capitale japonaise, Tokyo, comme ville la plus sûre du monde.

Or, Tokyo est aussi la plus grande mégalopole au monde.
Or, Tokyo est aussi la plus grande mégalopole au monde.

Critères utilisés dans le Safe City Index de l’EIU

Critères utilisés dans le Safe City Index de l'EIU

Pourquoi Tokyo est-elle en tête de classement ?

Cela peut surprendre, mais la ville la plus sûre au monde, Tokyo, est aussi la plus peuplée. Malgré (ou avec) une population de 38 millions d’habitants, Tokyo affiche un score élevé dans le domaine de la sécurité des personnes.

Bien sûr, le Japon est un pays prospère et pacifique dans l’ensemble. Et ce chiffre de l’ONU correspond à la population de toute la région de Tokyo, et pas seulement la zone administrative de la commune. Mais d’autres critères permettent à la capitale japonaise de se détacher de ses concurrentes au classement, y compris des très sûres Singapour (N°2) et Osaka (N°3), notamment une politique de sécurité des autorités tokyoïtes qui comprend aussi bien des solutions simples traditionnelles, comme le renforcement de la visibilité des forces de police, que des solutions la sécurité numérique de premier rang. Tokyo fait également partie des meilleures élèves dans la catégorie de la sécurité des infrastructures, malgré (ou à cause) des tremblements de terre réguliers.

Et la ville ne compte pas en rester là : l’organisation des Jeux Olympiques en 2020 n’ont fait qu’ajouter à la motivation des autorités de continuer à améliorer la qualité de vie dans tous les domaines. Pour continuer de démontrer qu’une ville peut croître sans sacrifier à la sécurité.

EIU Safe Cities Index 2015

Le gouverneur de Tokyo nous parle du recyclage, de la préparation aux tremblements de terre, des Jeux olympiques de 2020, et explique pourquoi les Tokyoïtes peuvent dormir sur leurs deux oreilles dans les bus de nuit.

 
Le gouverneur de Tokyo nous parle du recyclage, de la préparation aux tremblements de terre, des Jeux olympiques de 2020, et explique pourquoi les Tokyoïtes peuvent dormir sur leurs deux oreilles dans les bus de nuit.

La technologie, à l'avant-garde de la sécurité urbaine

La sécurité numérique est un critère de plus qui explique le classement de Tokyo : la ville est en tête de classement dans le domaine de sa propre protection et de celle de ses citoyens contre la cybercriminalité et le cyberterrorisme. Vol d’identité personnelle, fraude en ligne, farces malveillantes ou méfaits d’inspiration idéologique : paradoxalement, notre utilisation des technologies censées nous protéger et améliorer notre vie fait aussi naître de nouvelles vulnérabilités.
La technologie intervient aux avant-postes de la vie urbaine, contrôlant et analysant les infrastructures et le trafic, l’activité criminelle, la météo et l’incidence des maladies, souvent en temps réel. Et l’omniprésence de ce contrôle, illustrée notamment par les caméras de surveillance, nourrit le débat entre sûreté et sécurité d’une part, liberté et vie privée d’autre part.

Le débat est un exercice sain : après tout, aucun de nous ne connaît ni ne peut prédire l’avenir. Laissons-le donc se poursuivre, et prenons un détour afin de montrer par quelle autre voie la technologie contribue à la sécurité urbaine.

« Pendant les JO de Londres, le site Web Londres 2012 a essuyé plus de 200 millions de cyberattaques, dont des dizaines de millions lors de la seule cérémonie d’ouverture. Nous devons nous attendre à des attaques de plus grande ampleur et développer des solutions assez solides pour protéger le système en 2020. »

Toshiro Muto, président du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020.

Une autre conception de la sécurité : la résilience urbaine

A different concept of safety: urban resilience

Il existe bien sûr d’autres manières de conceptualiser la sécurité urbaine. L’une d’elles est la « résilience urbaine », c’est à dire la capacité des villes à survivre et à prospérer face à des défis majeurs à grande échelle ou systémiques chroniques. La liste de ces défis inclut :

Des chocs soudains menaçant directement une ville, tels que :

  • inondations, tremblements de terre, tsunamis
  • épidémies
  • attaques terroristes

Des sources de stress permanentes affaiblissant une ville au fil du temps, tels que :t

  • chômage élevé
  • système de transports publics inefficace ou saturé
  • pénuries régulières de nourriture ou d’eau potablet
  • violence endémique

Afin d’aider les villes à reconnaître et à mieux faire face à ces défis, des groupes tels que 100 Resilient Cities (www.100resilientcities.org, lancé par la Fondation Rockefeller) travaillent pour aider les villes à accroître leur résilience sur les plans physique, social et économique.

Les 20 villes les plus résilientes selon Grosvenor

L'élément clé : une bonne gouvernance

La sûreté d’une ville résulte de l’action conjuguée de nombreux facteurs. Si la richesse et des ressources abondantes n’offrent aucune garantie de sécurité urbaine, la sécurité est étroitement liée à la richesse et à la technologie que celle-ci permet d’acheter. Les villes intelligentes du futur feront de plus en plus appel à la technologie pour améliorer et intégrer sûreté et sécurité dans tous les aspects de la vie urbaine.

Mais la technologie ne suffit pas. Ce n’est qu’un outil, et son utilisation efficiente, efficace, et surtout bienveillante, exige avant tout une bonne gouvernance, ainsi que le soutien collectif des citoyens, entreprises et gouvernements.

Maintenir la sécurité dans les villes implique de nous tous que nous exigions et mettions en œuvre des institutions et systèmes fiables. Ce n’est qu’à cette condition que nous réussirons à déployer les technologies qui nous aideront à créer un avenir urbain commun et sûr. Dans l’intervalle, des groupes tels que l’Economist Intelligence Unit continueront de prendre le pouls de la situation pour mieux nous informer sur l’efficacité de nos actions.

Classement général des villes par l'EIU

Credits & Links

Tokyo, Moyan Brenn (CC BY-SA 2.0)

Tokyo skyline from Mori Building, Roppongi, jon (CC BY-SA 2.0)

THE SAFE CITIES INDEX 2015 – The Economist (pdf)