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De Rio à Sydney, les villes olympiques connaissent une mutation urbaine durable

L’intérêt suscité par les Jeux Olympiques surpasse sans équivoque celui des autres événements sportifs ou internationaux. Les villes rivalisent pour avoir l’honneur d’héberger les JO, et ainsi l’opportunité de présenter des attractions mémorables, mais également de favoriser un développement susceptible de marquer la vie des résidents bien après la cérémonie de clôture.

Au cours des 20 dernières années, les organisateurs ont été inspirés par les thèmes liés à l’environnement et au changement urbain et ont placé la barre très haut quant aux exigences imposées aux villes hôtes, s’efforçant de prendre la tête en matière d’innovation, de créer la ville la plus « verte » et de générer les changements les plus significatifs.

Bien que cette réussite n’ait pas toujours été facile à mesurer, les quatre villes suivantes ont sans nul doute mérité leur place sur le podium : Londres, Sydney, Rio de Janeiro et Barcelone.

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Intelligentes à l’intérieur comme à l’extérieur - De nombreux aspects des villes intelligentes relèvent simplement d’un urbanisme réussi, intégrant à la fois les avancées des technologies numériques et la nouvelle compréhension de principes plus anciens, à savoir les notions de relations, de communauté, de durabilité environnementale, de démocratie participative, de bonne gouvernance et de transparence.
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Fait le 01/12/2016

Et l’or revient à Londres pour la ville la plus « verte » !

Londres a entrepris d’héberger les Jeux Olympiques les plus « verts » de l’histoire, en commençant par transformer une zone industrielle autrefois contaminée en parc olympique. Cet engagement a abouti à la conception de bâtiments bénéficiant d’innovations telles que des conduites d’éclairage pour toitures destinées à réduire la consommation d’électricité et la récolte de l’eau de pluie, sans oublier l’utilisation de bois et de matériaux issus du développement durable faciles à démanteler ou à recycler.

Les organisateurs ont en outre lancé des initiatives citoyennes afin d’inciter les communautés de East End à soutenir le développement durable, fournissant également des conseils pratiques destinés à favoriser l’adoption d’un style de vie plus vert. Londres 2012 a remporté l’or en matière d’environnement et de développement durable lors de la 6e édition des ISEM (International Sports Event Management Awards).

Et la capitale poursuit son développement. Bien que le gouvernement s’efforce toujours d’atteindre les objectifs fixés pour East End en termes de logement, le quartier profite des visiteurs du Parc olympique de Londres et de l’accessibilité des installations telles que l’Aquatics Centre et la Copper Box. Si rien n’est encore joué, il n’y a pas de fumée sans feu et tout indique que la flamme du changement brille toujours de mille feux.

Faubourg exploitant l’énergie solaire : un village post-olympique vivant

Sydney met dans le mille aux jeux du développement durable

La clé du succès des JO de Sydney en 2000 réside non seulement dans la planification méticuleuse des Jeux, mais également dans l’intégration de l’infrastructure olympique à la ville au lendemain de leur clôture. Les installations telles que l’International Aquatic Centre et l’International Regatta Centre accueillent désormais des événements sportifs et représentations de classe internationale.

Les facteurs environnementaux ont joué un rôle clé. Les bâtiments et hébergements du parc olympique ont été conçus pour offrir des logements urbains supplémentaires après l’événement et représentent actuellement deux des plus importants faubourgs exploitant l’énergie solaire. La stratégie des « Jeux verts » a en outre vu naître le premier système métropolitain de traitement des eaux à grande échelle, générant une économie de 850 millions de litres d’eau potable par an.

En outre, Sydney dispose désormais d’un des plus vastes parcs urbains du pays (430 hectares) ; il s’avère ainsi qu’à bien des égards, le plus grand succès des Jeux de Sydney réside dans l’amélioration permanente de la vie de ses résidents.

Rio déterminé à établir de nouveaux records

Rio a fait l’objet de nombreuses critiques à l’approche et pendant le déroulement des Jeux, mais les organisateurs ont prié les détracteurs de considérer le chemin parcouru par Rio et de garder à l’esprit les défis sans précédent auxquels la ville a dû faire face. Rio a bénéficié de cet investissement, mais le vent du changement doit désormais trouver un nouveau souffle pour se propager à tous les segments de la population.

Les deux principales améliorations issues de Rio 2016 sont indiscutablement intervenues dans le tourisme et le transport. Un nouveau centre touristique urbain, Porto Maravilha, s’est élevé sur ce qui n’était auparavant qu’une zone portuaire désaffectée, hébergeant des musées, des parcs et de nouveaux logements. Par ailleurs, un réseau de moyens de transport modernes relie désormais au centre-ville les zones les plus isolées et les plus touchées par la pauvreté.

Ces deux améliorations auront un effet durable sur l’économie, et permettront d’alimenter le changement dans les domaines qui en ont le plus besoin, tels que la sécurité et l’accès au logement. Les impressionnants sites d’hébergement olympiques vont à présent être mis sur le marché, mais seront trop onéreux pour la plupart des résidents, l’espoir étant que les initiatives mises en place pour améliorer les favelas se poursuivront au-delà des jeux.

Rio enjoys improvements in eco-friendly transportation
Admirable revitalisation à Rio, mais est-elle accessible à tous ?

Barcelone en tête du peloton pour le changement urbain

Bien que la transformation de certaines villes olympiques ait ralenti ou se soit interrompue après les Jeux, la voie du changement ouverte avec Barcelone 1992 se poursuit toujours à l’heure actuelle. Dans une ville post-industrielle en décrépitude depuis des années, les programmes mis en œuvre ont remporté un franc succès sur tous les fronts : croissance économique, solutions durables, initiatives citoyennes.

Les Jeux Olympiques de Barcelone ont transformé l’infrastructure physique de la ville, créant 3 kilomètres de front de mer, une marina moderne, ainsi que des complexes sportifs de pointe. Ces installations, toujours utilisées de façon intensive à ce jour, attirent non seulement les visiteurs, mais développent également de façon durable le potentiel de l’Espagne en matière de sport et d’entraînement.

L’aspect le plus spectaculaire a sans doute été le rôle essentiel qu’ont joué les Barcelonais dans le succès des Jeux et la reconstruction de leur ville. Tous ont uni leurs efforts dans une optique de bénéfice mutuel. 20 000 emplois ont été créés au cours des années précédant et suivant les Jeux et l’essor économique se poursuit à ce jour. Barcelone est aujourd’hui l’une des destinations les plus populaires d’Europe.

Le port de Barcelone récolte encore les fruits des Jeux
 

Le défi des Jeux : un véritable changement

Bien que les comités d’organisation des Jeux Olympiques ne parviennent pas toujours à atteindre leurs objectifs, ils contribuent à entretenir le dialogue quant aux initiatives à mettre en œuvre afin de transformer le paysage urbain.

Qu’il s’agisse d’investir dans des complexes sportifs pour promouvoir un événement ou d’allouer des fonds pour redynamiser un front de mer, les villes hôtes continuent d’apprendre des exemples édifiants évoqués ici, démontrant qu’une planification adéquate et un engagement axé sur une amélioration durable plutôt que sur des profits à court terme peuvent transfigurer les villes, et améliorer le quotidien de leurs résidents.